L'ÈRE DES SHOGUNS: LES TOKUGAWAS
(1603-1868)
par Patrick Drolet
Professeur Christian Sabourin, Collège de
Rosemont (Hiver 1997)
Après plusieurs siècles de guerres féodales, le
Japon connaît deux siècles et demi de paix quasi totale. C'est
sous les Shogunats des Tokugawa
(1603-1868) que le territoire du Japon est pacifié et unifié,
que l'économie, la
vie intellectuelle et artistique se développent. Le pouvoir
shogunal est centralisé à Edo, la nouvelle capitale administrative.
Cette période sera aussi marquée par une fermeture du pays
sur lui-même.
Les «trois grands» unificateurs du territoire
C'est sous le seigneur de la guerre Oda Nobunaga et de deux de ses
généraux, Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu, que s'amorce
l'unification du territoire japonais jusque-là divisé en
une multitude de fiefs que défendaient les samuraï
pour le compte des seigneurs féodaux, les Daïmyô.
Après de nombreuses campagnes dont il sort victorieux, Oda Nobunaga
se proclame chef militaire du Japon en 1573. Il sera assassiné en
1582. Son successeur, Toyotomi Hideyoshi, maintient une politique d'unification
et fait de nombreuses autres conquêtes. Devenu puissant, il érige
son château à Ôsaka. Après sa mort en 1598, son
successeur Tokugawa Ieyasu termine l'unification
du territoire après deux batailles décisives: celle de Sekigahara
en 1600 et celle de la prise du château d'Ôsaka des mains du
fils de Toyotomi en 1614. Nommé Shogun
par l'empereur, Tokugawa Ieyasu établit son bakufu
à Edo. Un dicton japonais exprime bien
comment s'est fait l'unification du pays par les «trois grands»:
Nobunaga pétrit la pâte, Toyotomi fit cuire la pâte
et Tokugawa mangea le gâteau.
Edo: la capitale shogunale
Pour bien contrôler les régions et éviter des soulèvements,
Tokugawa oblige les Daïmyô à passer la moitié
de leur temps à Edo, désormais la capitale shogunale. Cette
centralisation du pouvoir contribue au développement de la ville.
Attiré par la présence obligatoire des nobles, les marchands,
les artisans et les gens de lettres affluent de tout le pays, rendant ainsi
nécessaire la construction de nouvelles routes. Dès lors,
Edo connut un essor démographique, économique et culturel
considérable et devint une métropole avec ses marchés,
ses écoles, sa bureaucratie. L'ascension rapide d'Edo se fit au
détriment de Kyoto, capitale impériale, et d'Ôsaka.
Pour en savoir plus :
cybrport@er.uqam.ca
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